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La lettre d'information de la Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg     janvier 2019

Contacts

Faculté de Théologie Protestante

9 place de l'Université
BP 90020
67084 Strasbourg Cedex
Tél. : 03 68 85 68 35
Courriel : scoltp@unistra.fr

 

 

Au sommaire

Entre Bible et Coran. Une nouvelle formule pour les Journées interdisciplinaires (JID) 2019. Les JID 2018 : vive la fête!  Une visite à Séoul.  L'offre de formation, base accessible en ligne, en temps réel (ROF). MOOC : tournage en cours. Le projet sur les figurines de femmes de Transjordanie prend de l'ampleur. Une femme reçoit le Prix Eric de Putter 2019. Paroisses en miette ? La conférence de rentrée de Christophe Monot. Une nouvelle Attachée temporaire  d'enseignement et de recherche: Elisabetta Ribet. Nouvelles publications.

Éditorial

 

 

Musée national de Corée, paravent  de la dynastie Joseon (XIXe siècle)

En ce début d'année, la Faculté de théologie protestante vous présente ses meilleurs voeux pour une année riche de découvertes intellectuelles et humaines. Ce mois de janvier est marqué par les nouvelles internationales: lors d'une visite à Séoul, le doyen Rémi Gounelle et le responsable du master, Beat Föllmi, ont inauguré des échanges avec l'une des plus importantes Facultés de théologie de Corée du Sud, étoffant ainsi les liens plus anciens noués avec l'Institut de théologie Al Mowafaqa, au Maroc, avec la Faculté de théologie de Bruxelles et celle de Brazzaville, sans oublier  les nombreux accords signés sur le plan européen.

 Des chercheurs et des étudiants très mobiles

Toujours à l'international: deux enseignants-chercheurs, Regine Hunziker-Rodewald et Christophe Monnot, rentrent à Strasbourg après un semestre de recherche, la première en Finlande, le second au Canada en ayant noué des liens scientifiques nouveaux, alors que plusieurs de nos étudiants sont, eux aussi, à l'étranger, en Allemagne et en Finlande, pour une année d'étude.

Vous avez dit ROF?

Il y a du neuf aussi au sein même de la Faculté avec le ROF, base de données permettant un accès  actualisé en temps réel, en ligne, de l'offre de formation en licence, en master et pour les diplômes d'université. Les célèbres Journées interdisciplinaires se renouvellent aussi en s'adossant maintenant à un cours donné de façon transdisciplinaire par deux enseignants: cette année il y sera question de cité idéale et de jardins...Le corps enseignant s'accroît avec une nouvelle Attachée temporaire d'enseignement et de recherche.

Le MOOC en tournage

Le MOOC, offrant une découverte des disciplines théologiques, réalisé par les enseignants de Strasbourg et de Genève, est en cours de tournage, bientôt ce sera le clap de fin! Bref, la nouvelle année 2019 s'annonce vraiment prometteuse en innovations et découvertes.

 

(Les photographies relatives à la Corée ont été prises par Bettina et Beat Föllmi)

« Entre Bible et Coran… »

S’il y a bien longtemps que des protestants et des musulmans se rencontrent, la grande soirée du 29 septembre 2018, « Entre Bible et Coran », était une première dans l’histoire de la Fédération protestante de France (FPF). Cette rencontre, à l’Oratoire du Louvre à Paris, associait une série d’allocutions données par François  Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, Ahmet Ogras, président du Conseil français du culte musulman, Philippe Gaudin,  président de la Commission des relations avec l’Islam de la FPF, à une table ronde sur le thème « Entre Bible et Coran, lire, écouter, comprendre ». La présence de chœurs interprétant des Psaumes sous la direction d’Aurélien Peter et d’un ensemble vocal soufi, Dervish Spirit, agrémenta la soirée de chants mélodieux associés à un accompagnement musical de qualité.

Ahmet Ogras

La table ronde, animée par Philippe Gaudin, rassembla les contributions et les échanges de quatre interlocuteurs : Corinne Lanoir, Professeure d’Ancien Testament à l’Institut protestant de théologie de Paris, Thierry Legrand, Professeur d’Histoire des religions, à la Faculté de théologie protestante de  l’Université de Strasbourg, Inès Safi, chercheuse en physique au CNRS et Mohamed Bajrafil, imam de l’Association de la Mosquée d’Ivry-sur-Seine. Les contributeurs se sont intéressés aux questions posées dans le cadre de cette soirée : comment la parole divine est-elle entendue, lue et comprise dans les deux traditions, comment protestants et musulmans s’y prennent-ils avec leurs textes ? Faut-il les lire ou bien les réciter, les chanter ? Quelle discipline de l’esprit faut-il pour les comprendre ? Toutes ces questions et d’autres furent traités de manière diverse par les interlocuteurs invités à présenter leur point de vue.

Parentés des textes fondateurs

      Pour ce qui me concerne, après avoir recentré le débat sur le comparatisme entre Bible et Coran, j’ai évoqué les parentés évidentes entre les deux textes fondateurs, tout en précisant brièvement ce qui les sépare ou fait question : le rapport à la révélation et le rapport au texte, l’attitude adoptée par rapport aux figures bibliques, les influences juives et chrétiennes sur le contenu coranique, la difficulté de comparer des textes rédigés à plusieurs siècles d’intervalle, la perception coranique des juifs et des chrétiens, etc.

Un dialogue exigeant

      Si la nécessité d’un dialogue entre chrétiens et musulmans est devenue une évidence pour tous, ce dialogue ne doit pas en rester à la simple rencontre amicale et bienveillante – même si cette étape est indispensable ! –, car les religions concernées doivent aussi pouvoir discuter avec le plus grand sérieux de leurs textes, de leurs pratiques, de leurs regards sur les autres religions et de leurs engagements dans la société actuelle. La tâche est immense et semée d’embûches, mais elle vaut la peine de s’y engager.

      Les enregistrements vidéo des différentes parties de cette soirée sont disponibles sur :

https://www.youtube.com/playlist?list=PL-r9lZxbrhPKB0zkr3IN-YEojpcfllYKD

      L’intégralité de la vidéo de la soirée se trouve sur :

https://oratoiredulouvre.fr/documents/conferences/entre-bible-et-coran-protestants-et-musulmans-se-rencontrent-1

Thierry Legrand

Focus sur un cours

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Représentation de la nouvelle Jérusalem dans une copie du commentaire de l'Apocalypse de Beatus de Liebana

 

Chaque année, les Journées interdisciplinaires (JID) réunissent étudiants, en présence et à distance, et les enseignants-chercheurs de la Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg. Cette année, la nouvelle offre de formation permet aux étudiants de deuxième année de licence de travailler un thème dans le cadre d’un cours  transdisciplinaire.

Deux enseignants entre ciel et terre

Cette année, ce cours donné par Christian Grappe et Marc Vial et consacré à « La cité idéale, entre ciel et terre, entre ville et jardin ». Dans la Bible, les premiers récits ont pour cadre un jardin, le jardin d’Éden, tandis que le dernier livre s’achève par la vision grandiose d’une ville, la Jérusalem nouvelle, qui descend du ciel, d’auprès de Dieu, et qui renferme un jardin qui renoue avec le jardin d’Éden. Au cours de l’histoire du christianisme, de nombreux auteurs, depuis Augustin, ont traité de la Cité de Dieu ; des artistes se sont efforcés de la représenter ; des visionnaires se sont employés à la construire dès à présent ; d’autres ont tâché d’y conformer autant que faire se peut l’espace dans lequel ils vivaient ou la société de leur temps ; d’autres encore l’ont attendu fébrilement. Les travaux dirigés de ce cours permettront aux étudiants de préparer des interventions orales lors de ces JID.

 

 

 

Une visite à Séoul

La Faculté a noué depuis de nombreuses années des conventions, partenariats scientifiques et pédagogiques, avec d’autres Facultés de théologie, sur le plan international. Une récente visite à Séoul permet d’envisager un nouveau partenariat avec l’Asie.  

La Corée n’aurait pas pu être plus accueillante : un ciel bleu rayonnant au-dessus des innombrables tours de Séoul faisait resplendir les couleurs automnales dans les parcs et boulevards. Le doyen de la Faculté de théologie protestante, Rémi Gounelle, et le responsable pédagogique du master, Beat Föllmi, ont fait le long voyage jusqu’à Séoul pour visiter The Presbytarian University and Theological Seminary de Séoul et discuter d’un projet de convention qui vise un échange d’étudiants et d’enseignants. La délégation strasbourgeoise a été reçue par le président des PUTS, le professeur YIM Sung Bihn, et le responsable des relations internationales, le professeur LEE Kyoo-Min. Dans une ambiance chaleureuse, les représentants des deux universités ont échangé sur les futures collaborations entre leurs instituts.

     

La Corée très chrétienne

 

La Corée est le pays au taux le plus élevé de chrétiens en Asie ; ceux-ci représentent presque un tiers de sa population et les protestants sont la majorité des chrétiens (24 % de la population). L’Université presbytérienne et le Séminaire théologique de Séoul (PUTS) ont été fondés en 1903 à Pyongyang par le missionnaire américain Samuel A. Moffett et transférés, après la Guerre de Corée, vers la capitale Séoul. Cet établissement d’éducation supérieure privé est accrédité par le Ministère de l’Éducation coréen. Il compte 2500 étudiants environ et offre plusieurs cursus complets en théologie : Bachelor (licence) et Master en Théologie, Éducation chrétienne, Philosophie, Missiologie et Musique sacrée ainsi qu’un Master of Divinity and Ministery (une formation en vue du ministère pastoral). Il est également possible de poursuivre les études jusqu’en doctorat. Les cours se déroulent généralement en coréen.

... et protestante!

      Le séjour en Corée a donné l’occasion de découvrir la vitalité du protestantisme coréen, notamment par la visite de la mega-church Somang et de l’église du campus des PUTS. Il était impressionnant de célébrer le culte de la Réforme, le 31 octobre, et d’écouter le choral de Luther, C’est un rempart que notre Dieu, chanté en coréen. En marge de la visite officielle, le séjour a également permis de visiter quelques lieux touristiques, comme le célèbre monastère bouddhiste Bulguksa avec la grotte de Seokguram qui abrite un Bouddha géant du viiie siècle.

Beat Föllmi

Le MOOC (suite)

Madeleine Wieger

Le MOOC – cours en ligne tout public – d’Introduction à la Théologie protestante (voir la newsletter numéro 9) est entré dans la phase de tournage : plusieurs enseignants des Facultés de Strasbourg et de Genève se prêtent au jeu de la caméra, en studio ou en extérieur, depuis cet automne et durant le mois de janvier. Trente-cinq vidéos d’une durée de 8 à 12 minutes sont dédiées à une présentation des quatre champs que sont les disciplines bibliques, historiques, systématiques et pratiques. La post-production se fera au printemps et jusqu’à la veille des congés d’été. Le MOOC en tant que tel sera ouvert à tous en octobre et novembre 2019. Il sera accessible gratuitement et sans engagement. À noter dans vos agendas ! 

Madeleine Wieger

 

Référentiel de l’offre de formation (ROF)

 

 

Depuis la rentrée, grâce au ROF (Référentiel offre de formation), l’offre de formation de l’Université de Strasbourg et de la Faculté de théologie protestante en particulier est désormais accessible au niveau national et international. ROF est une base de données rassemblant en un lieu unique l’ensemble des informations relatives aux formations : portail de l’Université, sites de composantes, maquettes de diplôme, guide pédagogique.

En temps réel

L’étudiant ou le simple curieux peuvent désormais prendre connaissance de l’offre de formation, en temps réel, car la base de données est sans cesse actualisée, et connaître l’ensemble des formations disponibles et leurs modalités. Du nombre d’UE dans une formation au volume horaire (CM, CI, TD, TP) en passant par une liste de responsables pédagogiques, de nombreuses requêtes sont possibles. ROF dote ainsi l’université d’un nouvel outil d’accompagnement pour veiller aussi à ce que l’offre de formation évolue de manière cohérente.

Les compétences à acquérir

Outre le descriptif de chaque cours, ROF présente les compétences qui seront acquises à la fin de la formation de licence. En voici quelques exemples, parmi d’autres bien sûr, chaque discipline présentant ses caractéristiques : Identifier les grandes périodes de l’histoire du christianisme et des autres religions et en comprendre les enjeux, en lien avec le contexte culturel et sociétal, savoir appréhender les grands débats contemporains à la lumière de la théologie protestante et de son histoire, savoir analyser un discours théologique ou philosophique et en rendre compte d’une manière rigoureuse, avoir élaborer une problématique sur une question théologique, etc.

Sur le plan professionnel aussi

Le ROF précise aussi les compétences professionnelles acquises lors du cursus comme,- là aussi parmi bien d’autres savoirs-, comprendre le fonctionnement d’une institution ou d’une association et savoir y situer son rôle et sa mission, savoir mener une réflexion interdisciplinaire, respecter la déontologie du travail intellectuel, être capable de travailler en équipe. La formation propose aussi des compétences transversales et linguistiques, comme savoir s'exprimer en français dans une langue claire et rigoureuse, qu’il s’agisse de présentations orales ou écrites, mais aussi savoir utiliser les outils numériques de référence et connaître les règles de sécurité, ou produire et diffuser de l’information en interne et en externe.

ANR

Pour découvrir le ROF :

pour la Licence 
http://theopro.unistra.fr/licence/
pour le Master
http://theopro.unistra.fr/master/
pour les DU
http://theopro.unistra.fr/diplomes-duniversite/

 

 

 

 

 

Femmes de Transjordanie

      Depuis 2012, Régine Hunziker-Rodewald est porteuse d’un projet sur les figurines féminines en terre cuite de la Transjordanie (1000-600 av. J.-C.) qui a été réalisé dans le cadre d’une collaboration franco-allemande et qui s’ouvre, depuis 2017, en la personne de Peter Fornaro, à une coopération franco-helvético-allemande, intitulée FIGURINE - documentation, restitution et contextualisation virtuelles d’objets d’art antique en libre accès.

         L’objectif du projet est la création d’une base de données, dotée de multiples modes de recherche, hébergée à l'Université de Strasbourg dans le cadre de son projet Archives Ouvertes de la Connaissance. Cette base de données sera construite à partir de photographies RTI animées en 3D, de descriptions détaillées, de cartes et d’informations sur le type d'objet, son état de conservation, ses dimensions, sa provenance, la technique de production, le contexte archéologique, les numéros d'inventaire et les publications.

Une base de données inédite

      FIGURINE présente un degré élevé de nouveauté : jamais auparavant ces figurines transjordaniennes, souvent citées en sélection dans la littérature spécialisée pour étayer des théories de l'histoire culturelle, n'ont été systématiquement consignées et structurées typologiquement. La base de données en construction, unique dans sa conception et bien attendue par la communauté internationale des chercheurs du domaine des Sciences Humaines et Sociales, aura un effet très positif sur l'image internationale de l'espace scientifique du Rhin supérieur.

 Femmes nues de 3000 ans!

      441 terres cuites féminines de l’âge du Fer II (1000-600 av. J.-C.) provenant de la Transjordanie ont été répertoriées à ce jour. Ces figurines représentant une femme, souvent au corps nu, tenant parfois un tambourin, enceinte ou allaitant un bébé, constituent une catégorie d’artefacts très répandus au Levant Sud, à l’est et à l’ouest du Jourdain. Il est impossible, en l’état actuel des recherches, de se prononcer sur la réalité qu’elles représentent et la fonction qu’elles pouvaient revêtir. Des similitudes d’ordre technique et iconographique sont cependant frappantes, qui conduisent à s’interroger sur leur origine, leur diffusion et leur réception dans l’aire géographique concernée.

Un moule commun des deux côtés du Jourdain

À en croire les récits vétérotestamentaires, les relations entre Israël, Juda, Ammon, Moab et Édom ont souvent été marquées par des conflits voire des guerres. La situation est sans doute plus complexe, les figurines faisant apparaître qu’elles émanent d’un moule commun aux deux côtés du Jourdain. Des recherches attendent donc d’être menées (analyses de nature archéologique, typologique, céramique, historique, religieuse et anthropologique) relativement aux échanges culturels ayant eu lieu entre les sociétés concernées sur la base de ces objets du petit artisanat. S’impose notamment un travail d’identification et de comparaison systématique de l’ensemble des objets découverts dans le même carré ou locus du site des fouilles, qui n’a pour l’heure pas encore été entrepris.

      Plus de trois quarts des figurines féminines jordaniennes sont entreposés dans des réserves difficilement accessibles, et un peu moins de 10%, notamment des figurines publiées entre 1930 et 1970, semblent introuvables depuis lors. Un inventaire des objets existants est donc absolument nécessaire, surtout pour une région dont on connaît le caractère politique sensible.

Au début de janvier 2018, avec un support financier de la Fondation Université de Strasbourg, l’équipe a pu prendre des photos RTI/UV de 33 figurines à Londres (British Museum) et à Leyde (Rijksmuseum van Oudheden) qui n'ont pas encore été photographiées et fourniront ainsi des données supplémentaires pour le projet FIGURINE.

Régine Hunziker-Rodewald

 

 

 

Le Prix Eric de Putter 2018 attribuée à une femme !


 

    Le prix « Eric de Putter » vise à promouvoir la recherche interdisciplinaire ou pluridisciplinaire de haut niveau dans tous les champs de la Théologie protestante. Ce prix, annuel, d’un montant de 2 000 euros, est financé par l’Association « Semeurs de Liberté » en vue de soutenir une publication. Depuis sa création en 2014, tous les ans, un jury indépendant se réunit. Il est composé d’enseignants-chercheurs de la Faculté de Théologie Protestante et de membres du Conseil de l’Ecole Doctorale (ED 270), ainsi que d’un représentant de l’Association « Semeurs de Liberté » ; depuis deux ans il s’agit de Marc Frédéric Muller.

Les années passent, mon émotion reste intacte. Il y a quatre ans, je remettais le premier Prix Eric de Putter. Le 25 septembre 2018,  ce fut une grande joie et un honneur pour moi, de remettre le troisième Prix Eric de Putter 2018 à la première femme lauréate, Madame Hélène Wiener, pour sa thèse intitulée « Le Péri Parrhêsias de Philodème de Gadara et la parrhêsia dans les Actes des Apôtres ». Fruit d’un travail de longue haleine qui a abouti à la première traduction en français du traité Sur la franchise, la thèse, sous la direction de Monsieur Christian Grappe, propose une nouvelle lecture des péricopes des Actes comportant le vocabulaire de la franchise, à la lumière de l’apport du traité épicurien de Philodème de Gadara. Félicitations!

Mes remerciements à l’Université de Strasbourg et à la Faculté de théologie pour leur accueil toujours chaleureux.

Marie-Alix de Putter (avec la collaboration d'Hélène Wiener)

 

 

 

 

Paroisses en miettes ?

,  Dans sa conférence, lors de la Journée de rentrée, le 25 septembre 2018, Christophe Monnot a souligné les grands résultats d’études européennes récentes qui se sont intéressées aux groupes religieux locaux comme la paroisse, la mosquée, la synagogue ou le temple. « Paroisses en miettes » fait d’abord référence aux différentes études qui ont conclu à une religion en miettes. Quelles sont les conséquences de cet émiettement de fidèles? Les collectifs religieux locaux s’en trouvent très fortement bouleversés. Ils font face à de nombreuses restructurations avec moins de ressources financières et moins de moyens humains. Pendant ce temps, les grandes traditions historiques sont émiettées de l’intérieur avec une multiplication de la diversité. De manière étonnante, le protestantisme est un des courants qui se diversifie le plus en Europe. Même si l’islam occupe un certain agenda politique, on assiste à bien plus d’implantation de communautés pentecôtistes issues de la migration que de mosquées. Cette diversification offre une nouvelle position pour les communautés historiques qui prennent alors la position de grandes soeurs des autres communautés. Elles deviennent des gestionnaires de la diversité religieuse et renforcent leur rôle d’utilité publique auprès des instances politiques locales.

Christophe Monnot

La parole aux étudiants

La soirée festive des JID 2018 : un succès !

     

Nancy et Maurice, venus de Polynésie française

L’an passé, le 3 mai 2018, la soirée récréative  des Journées interdisciplinaires a rencontré un franc succès. Ce moment festif a eu lieu dans la salle, nouvellement rénovée, de l’association Étage, dans le centre de Strasbourg. Cette année le thème retenu était « Students got talent ». Aussi, avons-nous eu le privilège de découvrir de merveilleux talents musicaux, théâtraux sous le regard aguerri de notre jury d’exception : Madame Madeleine Wieger, Messieurs Thierry Legrand, Christian Grappe et Marc Vial.

De nombreux candidats venus des quatre « coins » du monde, se sont affrontés pour décrocher le prestigieux titre de l’étudiant le plus original de la soirée des JID, édition 2018. Et cette année se sont Nancy et Maurice Tama, venus de Polynésie Française, qui ont été choisis à l’unanimité par le jury.

Cette soirée riche en émotions a aussi permis de récompenser les plus belles perles de professeurs avec une nouvelle édition des Theology Awards. Cette année Gwenaëlle Aymard nous avait concocté des catégories encore plus drôlatiques, comme par exemple celle consacrée entièrement aux perles de Monsieur Vial : « l’awards de la vialitude de l’extrême ».

Enfin, ce fut également l’occasion de remercier Madame Rohner-Ouvry pour son engagement auprès des étudiants et des enseignants. Ces réjouissances se sont terminées en beauté par un partage intergénérationnel sur la piste de danse. En somme, un moment convivial et inoubliable !

Nolwenn Grollier, étudiante en Deuxième année de licence

Elisabetta Ribet, nouvelle Attachée temporaire d’enseignement et de recherche

Depuis le mois de septembre 2018, Elisabetta Ribet est au bénéfice d’un contrat d’attachée temporaire  d’enseignement et de recherche en « Théologie et société » ; elle donne ainsi un cours sur « Le christianisme dans sa diversité », deux cours d’éthique et des cours d’anglais théologique.

« La première fois que j’ai visité le Palais Universitaire, c’était en 2000, lors d’une visite avec l’équipe multiculturelle de la Cevaa, Communauté d’Églises en Mission, en visite pendant trois mois environ dans le Grand Est. J’étais pasteure en stage pour mon Église d’origine, l’Église vaudoise et méthodiste en Italie, et après quatre ans d’études à la Faculté vaudoise de théologie de Rome et un  an à l’Institut protestant de théologie de Paris, j’étais dans l’avant-dernière étape avant l’ordination. Rien, à l’époque, ne me suggérait que je reverrais ce Palais, qu’un contrat d’attachée d’enseignement et de recherche (ATER) en « Théologie et société » me serait proposé, après un contrat doctoral, et que par la suite me serait offerte l’opportunité de partager bien plus que quelques heures au cœur de la Faculté de Théologie Protestante, et de  pouvoir y revenir avec mon enfant.

 

Une pasteure à Venise!

      Pasteure en plusieurs endroits, à Venise, Florence, dans la Vallée d’Aoste avec deux paroisses italiennes à Lausanne et Genève, ensuite à Palerme et à Venise et sa région, à nouveau, j’ai pu représenter mon Église dans des cadres différents : la Cepple (Conférence des Églises protestantes des pays Latins en Europe), la Conférence des Églises Européennes (KEK), l’Assemblée Générale du Conseil Œcuménique des Églises à Harare au Zimbabwe, le Synode vaudois du Rio de la Plata. Sans doute, l’expérience communautaire la plus longue, enrichissante et variée, dans les instances internationales, a été pour moi celle avec la Cevaa, en tant que boursière d’abord et ensuite comme membre du Comité italien, de l’Assemblée générale et du Conseil exécutif. En effet, dans mon vécu, le partage de l’Évangile a toujours été en lien avec le dialogue interculturel, dans le but, rêvé, de pouvoir vivre et bâtir une Église aux multiples visages et aux multiples racines, ce qui était ma vie quotidienne dans chacune des paroisses que j’ai desservies.

Tournée vers la recherche

      En même temps, j’ai toujours été habitée par la passion pour la recherche : dès mon travail de maîtrise, sur des documents de l’inquisition concernant la présence vaudoise dans le toulousain pendant la première moitié du XIIIe siècle, ensuite à travers la passion pour la missiologie, j’ai abouti à l’œuvre de Jacques Ellul pendant les années de ministère pastoral à Venise. Le discours ellulien sur l’espérance eu plein cœur de la déréliction eut un impact tel que j’ai décidé de me lancer dans un projet de doctorat sous la direction de Frédéric Rognon. J’ai donc repris mes études et j’ai soutenu ma thèse, en juin sur « La provocation de l’espérance. Perspectives théologiques actuelles dans l’œuvre de Jacques Ellul ». En même temps, ma candidature pour un poste d’ATER « Église et société » a été acceptée, et j’en suis ravie ! Tout n’est pas toujours simple : le fonctionnement d’une grande université d’État est très différent de ce que je connaissais, les outils de recherche et d’enseignement sont parfois trop « techniques" pour une ellulienne ! Néanmoins, la passion pour la recherche et le partage des connaissances et des réflexions, unie à la conviction que la théologie doit pouvoir reprendre place dans le cadre académique, non pas seulement comme exercice savant mais comme fondement de la personne et des sociétés, me passionne et me donne ce qui est, pour moi, prioritaire en toute existence : la joie et le plaisir de faire ce que l’on a rêvé de pouvoir vivre". 

Elisabetta Ribet

Parmi les publications de 2018

 

 

Les enseignants-chercheurs de la Faculté ont beaucoup publié en 2018, voici quelques –uns de leurs ouvrages :

Jérôme Cottin, Henri Derroitte (éd.), Nouvelles avancées en psychologie et pédagogie de la religion, Namur, Lumen Vitae (Pédagogie catéchétique 34), 2018.

Jérôme Cottin, Denis Hetier, La Théologie au risque de la création artistique, Paris, Cerf (Patrimoines), 2018

Matthieu Arnold, Karsten Lehmkühler, Marc Vial (dir.), « La vie tout entière est pénitence… ». Les 95 thèses de Martin Luther (1517), Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, coll. « Écriture et Société » 7, 2018, 370 pages, 24 €.

Le 31 octobre 1517, Martin Luther convie ses collègues à un débat universitaire en rédigeant 95 thèses « sur le pouvoir des indulgences ». Ce texte célèbre, que l’on tient pour l’origine de la division de la chrétienté occidentale, n’avait jamais fait l’objet d’une étude approfondie en français. Le présent volume, qui fait appel aux compétences des meilleurs connaisseurs du Réformateur, entend combler cette lacune. Il replace les principales thèses dans leur contexte historique puis les étudie dans une perspective systématique. Son titre renvoie à la première des 95 thèses : « En disant “Faites pénitence…”, notre Seigneur et Maître Jésus-Christ a voulu que la vie tout entière des fidèles soit une pénitence. » D’autres thèses sont plus subversives : elles contestent l’idée que le pape puisse sauver les âmes souffrantes du purgatoire ou affirment que n’importe quel chrétien vraiment repentant est quitte de toute peine devant Dieu, sans lettre d’indulgence. Si les 95 thèses n’ont pas entraîné la fin des indulgences dans l’Église catholique, elles ont contribué à une purification de leur pratique, voire à une clarification de leur doctrine.

 

Frédéric Rognon (dir.), Penser le suicide. Actes du Colloque international et interdisciplinaire tenu à Strasbourg les 17 et 18 novembre 2016, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg (coll. Chemins d’éthique), 2018.

 

Nous sommes tous touchés, de près ou de loin, par le phénomène suicidaire : dans le monde, une personne tente de mettre fin à ses jours toutes les trois à quatre secondes, et une y parvient toutes les quarante-cinq secondes. Mais l’universalité du suicide entre en tension avec sa dimension d’intimité, de singularité absolue. Car au-delà de cette ampleur statistique, le fait suicidaire est foncièrement subjective, irréductible à toute autre histoire : il concerne la décision que je prends de me suicider (ou non). Ainsi, si chaque suicide est absolument unique, comment pouvons-nous tenter de le penser ? Les auteurs de ce volume, issu d’un Colloque international, se sont heurtés à cette aporie, à cet obstacle épistémologique et heuristique, et ont tenté de relever le défi. Dix-huit contributeurs proposent au lecteur une pluralité de regards – parfois contradictoires, le plus souvent complémentaires. Regards disciplinaires : anthropologique (David Le Breton), psychologique (Marie-Frédérique Bacqué), philosophique (Daniel Frey), sociologique (Baptiste Coulmont), théologique (Karsten Lehmkühler), islamologique (Jason Dean). Mais aussi regards sur le suicide des adolescents (Vincent Berthou), des actifs (Florence Bègue), des détenus (Brigitte George), sans oublier l’accompagnement des personnes endeuillées suite à un suicide (Dolores Angela Castelli Dransart). Regards, enfin, en tension, sur le suicide assisté et l’euthanasie (François Galichet, Pascal Hintermeyer), ainsi que sur les soins palliatifs (Michèle Zeisser). L’ouvrage se termine par des ouvertures éthiques et spirituelles : pourquoi choisir la vie, malgré tout ? (Marie-Jo Thiel, Jean-Daniel Causse, Lytta Basset). Frédéric Rognon pose la problématique dans une introduction au livre, et Gilbert Vincent offre une synthèse des travaux.

 

Frédéric Rognon, Maurice Leenhardt. Pour un « Destin commun » en Nouvelle-Calédonie, Lyon, Éditions Olivétan (coll. Figures protestantes), 2018.

La collection « Figures protestantes » des éditions Olivétan, déjà riche d’une vingtaine de titres, qui présentent au grand public des personnages célèbres ou quasiment inconnus, lui offre ici la découverte de Maurice Leenhardt (1878-1954) : missionnaire qui a séjourné un quart de siècle en Nouvelle-Calédonie (1902-1926), avant de devenir ethnologue (introduit à l’Université par Lucien Lévy-Bruhl, Marcel Mauss et Paul Rivet), et spécialiste de la culture kanak.

L’ouvrage commence par une énigme : la population autochtone de Nouvelle-Calédonie a disparu à 90% dans les cinquante premières années de la colonisation, et sa reprise démographique coïncide rigoureusement avec l’arrivée de Maurice Leenhardt sur la Grande Terre. Y a-t-il là une corrélation, ou un pur hasard historique ? Pour tenter d’élucider ce mystère, le livre articule quatre parties : 1) la Nouvelle-Calédonie avant Maurice Leenhardt (les grands traits de la culture traditionnelle, les diverses stratégies d’évangélisation, et les conditions d’un génocide presque réussi) ; 2) l’œuvre missionnaire de Maurice Leenhardt (la formation des pasteurs autochtones, la traduction de la Bible, la lutte contre l’alcoolisme, son rôle dans la rébellion de 1917) ; 3) son œuvre d’ethnologue (la présentation de ses différents livres, les perplexités qui naissent à la lecture de Do Kamo, les aléas d’une ethnologie d’inspiration missionnaire) ; et enfin 4) la Nouvelle Calédonie après Maurice Leenhardt (les mutations politiques, sociales, ecclésiales, et l’évolution de l’ethnologie calédonienne).

Les différentes pièces du dossier sont rassemblées et articulées pour étayer l’hypothèse d’un rôle majeur joué par le missionnaire-ethnologue dans le « sauvetage » du peuple indigène. Non sans ambiguïtés, Maurice Leenhardt est devenu l’une des figures tutélaires d’un territoire qui se trouve à la croisée des chemins. À l’occasion du référendum d’autodétermination de novembre 2018, qui a replacé la Nouvelle-Calédonie à la Une de l’actualité et a confirmé le maintien du territoire dans la République, le lecteur est invité à revisiter l’utopie d’un homme qui rêvait déjà d’un « Destin commun » aux Kanak et aux Européens. Le moindre de ses paradoxes n’est pas de constater qu’il nourrit l’argumentaire des indépendantistes comme des anti-indépendantistes.

Mais au-delà de cette conjoncture politique, l’ouvrage cherche à interroger les tensions entre missiologie et ethnologie, les enjeux d’une inculturation de la foi, et les défis de la traduction interculturelle.

 

Jacques Ellul, Les sources de l’éthique chrétienne. Le Vouloir et le Faire, parties IV et V. Introduction et notes de Frédéric Rognon, Genève, Labor et Fides, 2018.

Ce texte, totalement inédit, et redécouvert dans des conditions rocambolesques, est la seconde partie de Le Vouloir et le Faire, paru en 1964. Il présente l’intérêt d’aborder des thématiques que l’auteur avait négligées ou n’avait fait qu’effleurer dans le reste de son œuvre : la compréhension de la Bible comme livre de questions et non de réponses ; une approche dialectique de la relation entre Loi et Évangile ; la thèse d’une éthique sans obligation ni sanction ; le motif de l’ « analogie de la foi » comme grille de lecture des textes bibliques en vue d’en dégager une éthique. Il est aussi l’occasion d’un débat critique avec différents philosophes et théologiens : Paul Ricœur sur le rapport entre relations longues et relations courtes ; Luther et Calvin sur la tension entre Loi et Évangile ; Reinhold Niebuhr sur le statut de l’amour dans l’éthique ; et surtout Karl Barth et les barthiens sur la casuistique, le conformisme, le rapport dogmatique / éthique, la relation des chrétiens à l’État et l’analogia entis. Ce volume est sans doute, paradoxalement, à la fois le plus barthien des livres d’Ellul, et le plus critique à l’endroit de Karl Barth (et non seulement des barthiens de gauche).

L’édition du texte a consisté, d’une part, à restaurer le contenu du tapuscrit ; d’autre part, à l’équiper d’environ trois cents notes en bas de page (Ellul cite de nombreux auteurs, mais il n’intégrait les notes en bas de page que lorsqu’il était certain de la publication) ; et enfin à lui offrir une introduction qui interroge les raisons, passablement énigmatiques, de sa non-publication du vivant de l’auteur, et qui expose les grands axes de l’ensemble de l’œuvre éthique de Jacques Ellul, afin d’insérer le présent volume dans le corpus global. Après examen des différentes pièces du dossier, le statut de ce texte inédit semble bien être celui d’un chaînon manquant au sein de l’œuvre ellulienne (entre la première partie de Le Vouloir et le Faire et les deux volumes de l’Éthique de la liberté).

 

La Bible de 1500 à 1535, Gilbert Dahan et Annie Noblesse-Rocher éd., Turnhout, Brepols, 2018

Les hébraïsants chrétiens en France au XVIe siècle, Gilbert Dahan et Annie Noblesse-Rocher éd., Genève, Droz, 2018

 

Dans la Collection des Travaux de la Faculté de théologie protestante de Strasbourg

C’est une année faste pour la collection qui a publié cette année les actes de deux colloques :

Matthieu ARNOLD (dir.), Albert Schweitzer et le respect de la vie, Strasbourg, 2018.

 Isabelle GRELLIER, Alain ROY, Anne-Laure ZWILLING (dir.), Les Églises face aux évolutions contemporaines de la conjugalité, Strasbourg, 2018.

En quelques décennies, les formes institutionnelles de la conjugalité comme les façons de vivre les relations conjugales se sont profondément modifiées dans les pays occidentaux, à tel point que le mariage qui était hier le seul lieu reconnu de la sexualité est aujourd’hui devenu facultatif.

Le ressort profond de ces changements n’est pas tant le développement de l’individualisme que le mouvement de fond d’égalité entre hommes et femmes qui travaille les sociétés occidentales. À partir des années 1970, cette évolution s’est inscrite dans le droit, à travers une série de lois redéfinissant le statut de l’homme et de la femme ; il suffit ici de nommer le passage significatif de la puissance paternelle à l’autorité parentale.

Les Églises sont doublement bousculées par ces évolutions qui remettent en cause leur compréhension du mariage et leur place dans la société ; d’autant plus que le couple et la famille constituent des lieux privilégiés de leur activité pastorale et l’un des domaines sur lesquels elles exerçaient encore, jusqu’à peu, une certaine autorité. Les Églises réagissent de façons diverses, entre réaffirmation des valeurs traditionnelles et volonté de comprendre, voire de valoriser, les changements. C’est dire que les questions de conjugalité constituent un excellent analyseur de la façon dont les Églises se positionnent et dont elles sont considérées dans la société.

Cet ouvrage interdisciplinaire vise un triple objectif : cerner les formes que revêtent les conjugalités actuelles, comprendre les ressorts de ces évolutions et faire l’état des lieux des valeurs qui les sous-tendent ; analyser les discours et les pratiques des institutions religieuses et mesurer leur réception ; ouvrir des perspectives d’ordre théologique et éthique, en s’appuyant sur les ressources qu’offre le message chrétien pour proposer une compréhension du couple détachée de la conception patrimoniale et hiérarchique du mariage qui a longtemps dominé. Une des hypothèses qui a présidé à cette réflexion est que cette crise pourrait en fait être salutaire pour les Églises !

      Sociologues, psychologue, historien, éthicien, théologiens, praticiens sont entrés ici dans un dialogue fécond, qui permet de bien clarifier les enjeux théologiques et pratiques de ces évolutions.