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La lettre d'information de la Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg

Contacts

Faculté de Théologie Protestante

9 place de l'Université
BP 90020
67084 Strasbourg Cedex
Tél. : 03 68 85 68 35
Courriel : scoltp@unistra.fr

 

 

Sommaire

 

Éditorial: Un nouveau Diplôme d'Université. Le Diplôme d'Université "Aumônier : formation théologique et pratique" et les autres diplômes d'Université. La parole aux étudiants. De nouvelles Conventions avec d'autres Facultés de théologie. Florence Fleck, nouvelle bibliothécaire. Distinctions. Démocratie moderne et protestantisme. Dieu est-il contre l'économie? Les Nabatéens. La théologie au risque de l'art. Les Doctoriales. Nouvelles conjugalités. Sacré cinéma. Parole de Dieu, violence des hommes.

Éditorial

 

Un nouveau Diplôme d'Université (DU) a été lancé en septembre. Il vise à former les aumôniers à l'exercice de leur métier en prison, dans les armées ou dans les hôpitaux. C’est un beau succès : plus de 90 inscrits, issus de toutes les franges du protestantisme ! Ce DU complète les formations que la Faculté propose depuis des années pour les prédicateurs laïques, les enseignants de religion à l’école, les catéchètes, les diacres, les visiteurs d’hôpitaux, les musiciens d’Eglise et les médiateurs religieux. Cette belle brochette de diplômes atteste le souci de la Faculté d’accompagner le travail de tous ceux qui font de la théologie dans les situations les plus diverses. Elle complète l’offre de formation de Licence et de Master, qui, de son côté, sera renouvelée en septembre 2018. Les chantiers sont multiples : améliorer la transition Bac/Licence, asseoir l’acquisition des compétences, renforcer la cohérence de la formation et son interdisciplinarité, accompagner davantage le projet personnel de l’étudiant etc. La Faculté est en pleine ébullition et se réjouit de partager son dynamisme avec vous !

Le doyen, Rémi Gounelle

Un nouveau Diplôme d'université

Elisabeth Parmentier est responsable du nouveau Diplôme d’Université « Aumôniers : formation théologique et pratique ». Elle en présente ici les enjeux.

La Faculté de théologie protestante, à laquelle s’est associée la Faculté de théologie catholique, a accueilli du 4 au 8 septembre 2017 une cohorte joyeuse et motivée de 94 d’apprentis aumôniers des hôpitaux et établissements de santé, des prisons et des armées. Ce Diplôme d'Université ne fut pas simple à préparer du fait des nombreux partenariats qu’il suppose, mais grâce à la ténacité des deux Doyens, ainsi que de Brice Deymié, aumônier national des prisons, d’Isabelle Meykuchel, aumônier nationale des hôpitaux, et de leurs services homologues dans l’UEPAL, il a pu être lancé cet automne, porté avec la Faculté de théologie catholique et le diocèse catholique de Strasbourg. Ce diplôme en deux spécialités (aumôniers protestants et aumôniers catholiques) vise à donner une formation théologique, anthropologique et pastorale qui permette de travailler dans des établissements publics en France, qui veulent avoir l’assurance que la formation reçue est professionnelle, de niveau universitaire et représentative des Eglises concernées.

La formation inter-disciplinaire (enjeux juridiques, théologiques, sociologiques, psychologiques, bibliques, éthiques) de 171 heures pour l’étudiant-e sont donnés en deux sessions d’une semaine en début et en fin d’année universitaire, et pour la plus grande partie en ligne. Paralllèlement l’étudiant-e doit bénéficier d’un encadrement dans une équipe d’aumônerie de sa région.

Le rêve pour l’avenir est d’étendre la formation aux aumôniers d’autres religions. Car une formation partagée par des personnes de diverses appartenances religieuses est un puissant outil d’apprivoisement mutuel et de solidarité entre les acteurs du domaine religieux, et promeut ainsi un dialogue pacificateur.

Elisabeth Parmentier

Ce nouveau Diplôme d'Université s’inscrit dans une lignée de diplômes d’Université proposés par la Faculté de théologie protestante, qui rencontrent aussi un franc succès : le DU de langues bibliques sous la responsabilité de Madeleine Wieger et celui d’Initiation aux Religions dirigé par Thierry Legrand.


Hébreu et grec

Depuis 2012, le Diplôme universitaire de Langues bibliques attire chaque année une trentaine d’étudiants désireux de s’initier à l’hébreu ou au grec bibliques sans pour autant s’engager dans un cursus complet d’études de théologie. D’une durée d’un an, le DU ne vise pas à former des hébraïsants ou des hellénophones accomplis, mais à donner les éléments fondamentaux qui permettront à chacun de pousser plus loin et d’aborder de manière autonome des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament dans la langue originale.

Parmi les inscrits, on compte aussi bien des passionnés de la Bible et des langues anciennes que des étudiants venus trouver là un complément de formation à un Master d’Histoire ou de Lettres, ou encore des personnes se préparant ainsi à entrer en Licence de Théologie protestante.

La plupart d’entre eux suit la formation à distance : les cours d’hébreu et de grec sont prodigués par le biais de vidéos, de fiches de grammaire, d’exercices et de classes virtuelles. Les évaluations écrites et orales sont régulières et permettent aux étudiants de s’assurer qu’il tiennent le rythme : l’apprentissage est intense et requiert une heure à une heure et demie de travail par jour et par langue. À la clef, le plaisir d’accéder à une compréhension plus fine du texte biblique : oui, la Bible aussi, c’est bien mieux en VO !

S’initier... comprendre les religions...
Pour ceux qui cherchent à comprendre les questions religieuses et les débats actuels en s’intéressant aux sources des grandes traditions religieuses, le Diplôme d'Université Initiation aux religions vous tend les bras...
Toutes les infos sont sur :
http://theopro.unistra.fr/fileadmin/upload/DUN/theopro/Doc_Autres_Formations/DU-InRel/Plaquette_DU_InRel_2017-18.pdf

Contact: thierry.legrand@unistra.fr

La Parole aux étudiant (e)s !

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Pendant l’année universitaire 2016-2017, j’ai suivi les cours du Diplôme d’Université d’initiation aux religions en enseignement à distance pour mieux comprendre la politique, l’histoire, l’art européen. L’enseignement correspondait parfaitement à ce que je cherchais et je me suis régalée de l’effort intellectuel nécessaire pour préparer les examens. J’ai eu envie de compléter les cours d’Histoire, d’aller plus loin dans la compréhension du fait religieux. Je me suis donc inscrite en L1. Consciente de mon ignorance du Moyen Âge, je suis très heureuse de faire enfin connaissance avec ce long enchaînement de bouleversements et de transformations de la  vie et de la pensée en Europe. La dogmatique était à mes yeux aussi mystérieuse et exotique que la chimie quantique ; heureusement elle s’avère moins impénétrable. Notre promotion a une grande chance : les nombreuses publications et événements à l’occasion des 500 ans des thèses de Luther enrichissent nos cours et les mettent au coeur de l’actualité. Seul bémol : je dois renoncer (pour le moment) au défi des langues bibliques, car je ne dispose pas du temps nécessaire à côté d’un emploi à plein temps et de ma vie familiale et sociale. J’avoue aussi que les premiers cours m’ont paru bien exigeants. Je suis très reconnaissante de vivre à une époque où la technologie a nettement amélioré les possibilités d’études à distance, même si le contact, même virtuel, avec les amis connus lors du week-end d’intégration est donc bienvenu. La théologie va –t-elle bouleverser ma vie ? Probablement pas. J’ai cependant l’intuition gourmande, avec une petite prise d’appréhension, que c’est une aventure qui peut réserver bien des surprises intellectuelle, religieuses, amicales ou professionnelles.

Anne Laszlo

 

De nouvelles conventions

La Faculté entretient un réseau scientifique et pédagogique à travers une série de conventions la liant avec d’autres facultés de théologie. Certaines sont anciennes, d’autres nouvelles, voici les dernières conventions signées :

Nouvelle convention avec l’Institut protestant de Théologie (Paris/Montpellier)

Paul Ricoeur et Olivier Abel  Partenaires déjà sur le plan pédagogique en proposant une double inscription aux étudiants de l’IPT, la Faculté de théologie de l’Université de Strasbourg et l’Institut protestant de théologie ont signé une nouvelle convention concernant cette fois le Fonds Ricoeur. Il s’agit d’agir de conserve pour la préservation, le développement et la mise en valeur du Fonds Ricœur en mobilisant les compétences respectives des deux institutions partenaires, en développant  des thèmes de recherche définis en commun, notamment autour de l’herméneutique, en mettant en place des séminaires et des formations, en soutenant des colloques et en engageant des actions de valorisation scientifique du Fonds Ricœur.

Convention avec la Faculté universitaire protestante de Bruxelles Guy Rainotte

Une nouvelle convention a été signée entre la Faculté de Strasbourg et la Faculté universitaire protestante de Bruxelles permettant aux étudiants bruxellois d’accéder à certains cours en ligne et de les valider selon les mêmes modalités que les étudiants strasbourgeois. Des enseignants strasbourgeois vont aussi donner des cours intensifs. Pour la première fois cette année, Quatre journées de cours sur les "sources médiévales de Martin Luther" ont été organisées pour les étudiants de master très motivés  et le public intéressé par la théologie. Les d'échanges ont été fructueux, denses, académiques et aussi existentiels. Guy Rainotte, recteur de la Faculté de théologie de Bruxelles, est responsable de cette convention du côté belge. 

Convention avec Polis, Institut de langues et de sciences humaines à Jérusalem

Depuis deux ans, notre Faculté a une convention avec « Polis : Institut de langues et de sciences humaines à Jérusalem ». Cet institut fondé en 2011 propose plusieurs cycles de formation centrés sur les langues, et notamment sur l’hébreu biblique et moderne, le grec koinè et l’arabe. La particularité de l’enseignement des langues à Polis est que les cours se déroulent entièrement dans la langue étudiée. Ainsi, lors des cours d’hébreu biblique ou de grec, les explications sont données en hébreu ou en grec, on fait un grand nombre d’exercices oraux et écrits dans la langue étudiée et on ne pose des questions qu’en hébreu ou en grec. Des méthodes spécifiques et des supports adaptés ont été développés par les enseignants de Polis afin de permettre un tel apprentissage des langues, qui a pour but de maximiser le contact avec la langue étudiée.

L’Institut Polis propose des cours de langue de plusieurs niveaux durant l’année universitaire dans ses locaux à Jérusalem. En été, des sessions intensives sont proposées à Jérusalem, à Rome et aux États-Unis. Outre l’hébreu biblique et le grec, des cours de syriaque, de sumérien et de latin sont proposés en été. Selon la convention entre les deux institutions, les cours de langues validés à Polis peuvent être reconnus dans le cadre des formations de notre Faculté.

Outre les cours de langue, l’Institut Polis propose un Master de philologie ancienne ainsi qu’un Master de langues du Proche-Orient.

Des informations sur les enseignements de l’Institut Polis se trouvent sur le site internet : http://www.polisjerusalem.org/

Eran Shuali

Un contrat a été également été signé avec l’association « SOS Aide aux habitants »

Le but de l’Association est l’aide aux habitants et aux victimes, depuis les petits délits (pour lesquels une médiation est mise en place) jusqu’aux accidents tragiques comme ceux du Mont Saint-Odile, du Bataclan. L’association informe toute personne voulant faire valoir ses droits dans le cadre d’informations juridiques simples concernant tous les aspects du droit ou informe toute victime voulant obtenir réparation de son préjudice. Elle apporte aussi une aide psychologique.L’Association emploie 20 salariés (juristes, travailleurs sociaux, psychologuies) et reçoit le concours de plus de 24 bénévoles. Son siège est au 36 allée Reuss à Strasbourg. « SOS Aide aux habitants » est sous mandat de justice. L’association est en charge de l’évaluation des cas que lui soumet le Parquet et procure une aide à la décision judiciaire. Elle est actuellement l’association la plus importe de conseil pour les Tribunaux de Grande instance de Strasbourg, Mulhouse et Colmar. Elle intervient dans ces différents domaines comme la médiation pénale et la médiation de proximité et la lutte contre la radicalisation. Tous ses salariés sont assermentés et agréés par le Ministère de la Justice. L’Association, accueillant déjà de nombreux stagiaires en provenance des facultés de psychologie, de sociologie, de droit, accueillera des stagiaires de la Faculté de théologie protestante. 

Florence Fleck, nouvelle bibliothécaire

Florence Fleck entourée de  Daniel Jungbluth et de Rose Burghardt,

Je suis arrivée à la bibliothèque des Facultés de théologie en septembre 2017, après avoir travaillé pendant quatre années à la BNU, où j’avais en charge les acquisitions et la gestion des collections en philosophie, psychologie, sciences de l’éducation, sciences du sport et histoire et philosophie des sciences. Auparavant, j’ai travaillé pendant quatre autres années au Service Commun de la Documentation de l’Université de Haute-Alsace, où j’étais responsable d’une bibliothèque spécialisée en histoire industrielle.Quelques semaines se sont écoulées depuis mon arrivée, et grâce à l’accueil  et   la bienveillance de tous, que ce soient mes collègues Rose Burghardt, Daniel Jungbluth et les vacataires étudiants de la bibliothèque, les enseignants, les agents administratifs des deux facultés, ou les lecteurs « habitués »,  j’ai pu rapidement prendre mes marques et m’inscrire facilement dans la continuité des chantiers inaugurés par mon prédécesseur, notamment pour un meilleur signalement des collections de la bibliothèque. Les formations aux ressources documentaires et les visites m’ont permis de rencontrer un certain nombre d’étudiants des deux facultés, tous fort studieux et sympathiques. J’espère d’ailleurs pouvoir continuer à développer ces formations dans les années qui viennent, et c’est l’un des points qui retiendront mon attention dans la réflexion que nous allons mener en équipe sur les évolutions de la bibliothèque et les chantiers à envisager dans les années à venir.

Florence Fleck

Distinctions

 

L’ouvrage de Matthieu Arnold, Luther (Paris, Fayard, 2017 ; sur cet ouvrage, voir la Newsletter 8) a remporté  le Prix de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (Prix d'histoire des religions des amis de Pierre-Antoine Bernheim). 

 

 

Un nouveau président pour le Fonds Ricoeur

Depuis le 23 septembre, Daniel Frey a succédé à Michaël Fœssel à la présidence du Conseil scientifique du Fonds Ricœur. La tâche qui lui incombe essentiellement est de faire aboutir le projet de numérisation des articles que Paul Ricœur a édité dans des revues francophones, dans le cadre d’un accord avec la Fondation Paris Sciences & Lettres. Ce beau et ambitieux projet a pour dessein de permettre un accès libre et universel les centaines d’articles de Ricœur qui n’ont pas été repris dans ses livres, et qui sont susceptibles d’orienter les lecteurs vers les grandes œuvres, tout en complétant celles-ci.

Des exemples de réalisations figurent déjà sur le site du Fonds Ricœur http://www.fondsricoeur.fr/

Une brève note éditoriale fera écho au contexte précis d’élaboration, et orientera les lecteurs vers les ouvrages de Ricœur en lien avec l’article.

Étant donné l’ampleur de l’entreprise éditoriale, le concours des chercheurs collaborant au Fonds Ricœur a été sollicité. Du côté strasbourgeois, une convention entre l’Université de Strasbourg (EA4378/Faculté de théologie protestante) et l’IPT (qui héberge le Fonds Ricœur) sera prochainement signée, qui permettra notamment de mettre en valeur les ressources du Fonds Ricœur et d’engager des actions de valorisation scientifique de ce fonds. C’est peut-être la première pierre d’une édition des œuvres complètes de Paul Ricœur qui vient d’être posée là !

Daniel Frey

                                                                     

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Parutions récentes

Parmi bien d'autres qui vous seront présentées dans la prochaine Newsletter, voici quelques ouvrages rédigés ou édités par les enseignants de la Faculté 

Exode 4, 24-26, M. Arnold, G. Dahan et A. Noblesse-Rocher éd., Paris, Cerf (Études d’Histoire de l’exégèse 12), 2017.

Issu des Journées d’Histoire de l’exégèse, organisées par l’EA 4378 et l’Institut d’études augustiniennes (LEM), ce nouveau volume (le 12e) est consacré à Exode 4, 24-26 et à la mystérieuse rencontre nocturne. Ont contribué à ce volume, outre les éditeurs, Didier Luciani (Université de Louvain), Jean-Pierre Rothschild (IRHT), Martine Dulaey (IEA), Gilbert Dahan (EPHE /CNRS), Marc Vial (Unistra).

Andreas Osiander, Est-il vrai et crédible que les juifs tient en secret les enfants chrétiens et utilisent leur sang ?, A. Noblesse-Rocher et Matthias Morgenstern trad., comm. et notes, Genève, Labor et Fides (Histoire), 2017

Ce traité est l’un des rares essais, et même le seul au XVIe siècle, au sein de la Réforme, visant la défense des juifs accusés à torrt et sans preuves de crime rituel. Il s’agit ici de la première traduction française réalisée de ce traité. Cet ouvrage a été préparé dans le cadre du programme de recherche de la Chaire Gutenberg octroyée à Matthias Morgenstern (Université de Tübingen).

Démocratie et protestantisme: une journée de débat le 18 novembre


 La démocratie moderne     

et le protestantisme

Hôtel de Ville de Strasbourg

9, rue Brûlée

 

 Ferdinand Buisson

Journée de débats organisée par la Faculté de théologie protestante, Université de Strasbourg,

à l’occasion du 500e anniversaire de la Réforme,

conçue et animée par

Olivier Abel et Annie Noblesse-Rocher

 

Les apports du protestantisme à la démocratie et à la modernité politiques sont divers : le sentiment premier de la gratitude qui élargit la responsabilité à la reconnaissance et au soin mutuels, l’idée d’alliance et de pacte, inséparable de la possibilité de rompre le pacte, de partir pour recommencer ailleurs, l’importance de l’école et du perfectionnement de soi, la séparation des registres, la désacralisation du politique et de la nature, nombreux en sont les thèmes. Ces apports sont paradoxaux parfois, dans la mesure où la démocratie, la laïcité, la sécurité sociale, etc., n’étaient pas le but de la Réforme. Mais ces apports incontestables demandent à être réévalués, examinés, critiqués aussi, interrogés. Au moment où l’idée de démocratie bataille dans bien des pays du monde qui voudraient renverser leurs dictateurs, on dirait qu’elle vacille chez nous, et que nous en avons perdu l’intention vive. Le 500ème anniversaire des débuts de la Réforme est l’occasion de rouvrir ces promesses, dont certaines ont été tenues, d’autres ont déçu, et d’autres sont encore non advenues pour les évaluer ensemble (O. Abel)

 

La Journée se déroule en conférences de 40 mn suivies de 20 mn de débats avec le public.

Première conférence : 9h30-10h30

L’école laïque : l’apport du protestantisme à travers Ferdinand Buisson 

Conférence de Patrick Cabanel (Directeur d’études, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Paris

Deuxième conférence: 11h00-12h00

Solidarités sociales : le solidarisme de Charles Gide 

Conférence de Gilbert Vincent (Professeur des Universités, Faculté de théologie protestante, Université de Strasbourg)

Troisième conférence: 13h30-14h30 

Philosophie politique : Destin du théologico-politique

Quatrième conférence  :15h-16h00 :

Paul Ricœur est-il représentatif d’une pensée politique protestante ?

Conférence d’Olivier Abel  (Professeur, Faculté de théologie protestante de Montpellier, Institut protestant de théologie)

Cinquième atelier : 16h00-17h00 

Le protestantisme : une position plus intéressante lorsqu’elle reste minoritaire ?

Conférence conclusive de François Dermange (Professeur, Faculté de théologie protestante, Université de Genève)

Dieu est-il contre l'économie?

La paroisse Saint-Guillaume (Strasbourg, Au Foyer Lecocq, 1, rue Munch, 67000 Strasbourg) organise, avec la collaboration de la Faculté, un nouveau cycle de huit conférences sur le thème « Dieu est-il contre l’économie ? ».

Les deux premières conférences ont été données par Frédéric Rognon (sur le don chez Marcel Mauss ) et par Chris Doude van Troostwijk (L’argent, à quoi cela sert-il ?) et ont rencontré un franc succès.

Les prochaines conférences, qui se déroulent une fois par mois, le mercredi à 18h30, auront pour thèmes :

6 décembre 2017 : Dieu, l’homme et l’argent » (Madeleine Wieger, Université de Strasbourg) 

 7 février 2018 : « L’Eglise  et l’argent » ( François Dermange, Université de Genève) 

14 mars  2018 : « Le solidarisme »  (Gilbert Vincent, Université de Strasbourg) 

4 avril 2018 : « Economie et écologie » :  Otto Schaefer (pasteur, Fédération des Eglises suisses/doctorant de l’Université de Strasbourg)

2 mai 2018 : « Dieu est-il vraiment contre l’économie ? » (Chris Doude van Troostwijk,Université du Luxembourg) 

6 juin 2018 : « Le mécénat » : Guy  Sallavuard, membre du comité de direction de la Fondation du patrimoine

Nouvelles parutions

Exode 4, 24-26, M. Arnold, G. Dahan et A. Noblesse-Rocher éd., Paris, Cerf (Études d’Histoire de l’exégèse 12), 2017.

Issu des Journées d’Histoire de l’exégèse, organisées par l’EA 4378 et l’Institut d’études augustiniennes (LEM), ce nouveau volume (le 12e) est consacré à Exode 4, 24-26 et à la mystérieuse rencontre nocturne. Ont contribué à ce volume, outre les éditeurs, Didier Luciani (Université de Louvain), Jean-Pierre Rothschild (IRHT), Martine Dulaey (IEA), Gilbert Dahan (EPHE /CNRS), Marc Vial (Unistra).

Andreas Osiander, Est-il vrai et crédible que les juifs tient en secret les enfants chrétiens et utilisent leur sang ?, A. Noblesse-Rocher et Matthias Morgenstern trad., comm. et notes, Genève, Labor et Fides (Histoire), 2017

Ce traité est l’un des rares essais, et même le seul au XVIe siècle, au sein de la Réforme, visant la défense des juifs accusés à torrt et sans preuves de crime rituel. Il s’agit ici de la première traduction française réalisée de ce traité. 

Les Nabatéens

Un important colloque sur les « Les Nabatéens – Économie et Culture » se tiendra du 18 au 21 juin 2018

           La somptueuse façade du Deir, isolé sur le flanc d’un massif, tire sa forme de l’escarpement rocheux qui lui sert d’écrin (Francesca A. Ossorio 2009), photo : © Zeyad as-Salameen

Les reliefs de chameaux du Siq, les façades fantastiques de tombeaux taillés dans le gré, les bustes de déesses couronnées de poissons, les chapiteaux à tête d’éléphant, les niches à bétyles, les sanctuaires rupestres : la ville rose de Pétra n’arrête pas à intriguer les chercheurs, archéologues, épigraphistes et historiens. Mais il ne s’agit pas seulement de Pétra, les Nabat, fraction de la grande tribu arabe Qédar qui avait échu au VIème siècle avant notre ère ont dorénavant pris le pouvoir et se sont spécialisés dans le commerce des caravanes. Depuis lors, le royaume arabe de la Nabatène commença à s’étendre entre l’Arabie du Nord-Ouest, le Sinaï, le Néguev, et la Transjordanie jusqu’au Haurân. Pétra est inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985.

            En mars 1898, Julius Euting, bibliothécaire et plus tard directeur de la Kaiserliche Universitäts- und Landesbibliothek zu Strassburg (aujourd’hui la Bibliothèque nationale et universitaire, BNU), était pendant trois semaines à Petra. Ses aquarelles, dessins, objets de céramique et estampages d’inscriptions nabatéennes sont un trésor du patrimoine strasbourgeois. Julius Euting sera le « patron » d’un colloque international intitulé « Les Nabatéens – Économie et Culture » et hébergé par la BNU du 18 au 21 juin 2018 sur Pétra et la culture nabatéenne qui sera le troisième après les colloques qui ont déjà eu lieu à Pétra (2012) et à Provo aux Etats-Unis (2015). Une bonne trentaine de chercheurs réputés et de jeunes chercheurs prometteurs présenteront les nouvelles avancées de la recherche dans le domaine de la culture nabatéenne. Ils s’intéresseront en particulier à la question des voies et des modes de communication, aux biens qui circulaient d’une cité à une autre et au tissage de liens économiques, culturels et religieux suscités par les échanges de biens et de personnes. Les participants viennent des Amériques Nord et Sud, de toute l’Europe et du Proche-Orient.

            Le colloque est préparé par Régine Hunziker-Rodewald et Thierry Legrand, avec Jean-Marie Husser de la Faculté des Sciences historiques, en co-organisation avec la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (BNU), en collaboration avec l’University of Jordan à Amman et en partenariat avec l’UMR 8167 Orient et Méditerranée (Paris), l’Institut français du Proche-Orient (Amman/Beyrouth) et la Julius Euting-Gesellschaft (Tübingen). Le colloque qui comprendra un programme important, en anglais et en français, est accessible à toute personne intéressée (frais d’inscription pour les salariés : 30€ ; étudiants et doctorants gratuit).

Pour en savoir plus : AUGE Christian et DENTZER Jean-Marie, Pétra. La cité des caravanes, Paris, Gallimard (coll. Découvertes Gallimard 372, série Archéologie), 2012, livre duquel est pextrait  le poème suivant de l’écrivain égyptien Gamal Ghitany (1945-2015) :

À regarder les couleurs variées des roches,

il s’apercevait que le rose y dominait. […]

On y percevait le reflet de l’arrivée des prophètes,

de la sortie des caravanes

vers les royaumes lointains…

Sur la face orientale de certains rochers,

la couleur rose portait des ombres bleutées,

Qui évoquaient le contact de la soie.

 

Régine Hunziker-Rodewald

La théologie au risque de l'art

La théologie au risque de la création artistique

La dernière semaine d'octobre 2014, deux colloques eurent lieu aux USA sur le thème "Art et œcuménisme : la théologie au risque de la création artistique", co-organisés  Jérôme Cottin. Il s'agissait des deux derniers d'une série de 5 colloques sur le même thème, les trois premiers ayant eu lieu en mai 2017 à Paris (Institut catholique), Strasbourg (faculté de théologie protestante) et Florence (faculté catholique de l'Italie centrale). L'année du jubilé de la Réformation était l'occasion de ces colloques en chaîne.

Le campus de la Yale Divinity School

Le premier colloque américain eut lieu à la prestigieuse Université de Yale (New Haven, Connecticut), et plus précisément dans la Yale Divinity School. Plusieurs interventions ont pris la mesure de l'extrême liberté de l'art contemporain dans ses relations, plus avec les Eglises qu'avec la théologie (ce qui est une différence par rapport à l'Europe, où c'est plutôt l'inverse).  En même temps, on ne sait plus où s'arrêtent les frontières de l'art. Aujourd'hui, tout phénomène social ou de communication peut être interprété comme étant de l'art, ce qui fait qu'ont été analysés aussi bien des tags, de l'art de rue, que des slogans publicitaires pour les églises evangelicals ou les chants revivalistes, souvent inspirés de negro spirituals, de folk ou de country. Parfois des programmes artistiques aident à la réinsertion de marginaux. Il est important de souligner que la plupart des facultés de théologie possèdent des centres et des chaires sur l'expression artistique (Art and Worship), et des ateliers d'artistes en résidence. L'art est moins au service de la liturgie ou de l'Eglise (conception catholique) que de la société ou de l'humain en quête de sens (conception protestante).

La Community of Jesus

Le dernier colloque eut lieu non dans une université mais dans une communauté religieuse qui parraina et soutint financièrement les 5 colloques : la Community of Jesus, une communauté bénédictine œcuménique, mais très largement de composition protestante (avec toutes les dénominations, des épiscopaliens high church aux baptistes, en passant par les presbytériens et les congrégationalistes). Cette communauté a la passion de l'art, sous toutes ses formes (musique, chant grégorien, théâtre, peintures, mosaïques, sculptures, icônes...). Le thème de réflexion fut centrée sur le rôle de cette communauté - qui a construit une église basilicale somptueusement décorée, et inspirée de l'ordre bénédictin -  et qui témoigne de sa foi par les arts. Le soussigné a eu l'occasion de présenter une communication sur quelques exemples d'architectures contemporaines (début XXIe siècle) au service de communautés religieuses dans trois pays d'Europe (France, Portugal, Allemagne). Un des exemples les plus réussis et les plus connus étant la nouvelle chapelle de diaconesses de Reuilly à Versailles, créé en 2010 par l'architecte Marc Rolinet. 

Les actes des deux premiers colloques - Paris et Strasbourg - paraîtront début 2018 en français aux éditions du Cerf, tandis que les actes de l'ensemble des 5 colloques paraîtront d'ici à deux ans en anglais chez Paraclet Press. Pour plus d'informations sur ces 5 colloques qui viennent de se terminer, on pourra consulter la page web :www.protestantismeetimages.com/500-ans-de-la-Reforme-1517-2017-5.html et en anglais : www.protestantismeetimages.com/500-years-of-the-Reformation-1517.html

Jérôme Cottin

 

Les Doctoriales

Pour la première fois, deux doctorants de la Faculté ont participé aux doctorales d’Alsace...

La dernière édition des Doctoriales d'Alsace a eu lieu du 15 au 19 mai 2017 à la Maison du Kleebach, dans la vallée de Munster. Il s'agit d'un séminaire de professionnalisation à destination de tous les doctorants des universités de Strasbourg et de Haute Alsace. Cette année, trois doctorants de l'ED 270 ont participé à cette manifestation. Plusieurs groupes de sept à huit personnes et mélangeant les différents champs disciplinaires représentés avaient été préalablement constitués par le comité organisateur de cette manifestation. Après une première journée consacrée à la construction du groupe et à la connaissance interpersonnelle, chaque équipe a dû ensuite faire preuve de créativité afin de mettre en œuvre un projet fictif de start-up innovante en matière de produit ou de service. Pendant deux jours, chaque groupe s'est donc consacré à la construction de son projet (choix de l'innovation, création d'entreprise, estimation financière...) entouré de coachs issus du milieu professionnel. À l'issue de la semaine, chaque équipe a présenté son projet final devant un jury constitué de plusieurs professionnels. Le meilleur projet a été récompensé par un prix.

            Par ailleurs, en amont de cette semaine de travail collectif, chaque participant s'est prêté au jeu de l'entretien-réseau qui consiste à interroger un professionnel sur son parcours et ses responsabilités afin de se constituer progressivement un réseau de relations. Ce séminaire, à la fois intense et passionnant, est riche en découvertes humaines et professionnelles. Je recommande à toutes celles et à tous ceux qui le peuvent d'y participer !

Cyriane Rohner-Ouvry, doctorante

Nouvelles conjugalités

 

Les Églises face aux évolutions de la conjugalité

La façon dont les Églises se situent face aux évolutions de la conjugalité constitue un excellent analyseur à la fois du regard qu’elles portent sur la société et de la place que nos contemporains leur reconnaissent aujourd’hui. Comment les discours des Églises prennent-ils en compte les évolutions de la conjugalité – entre jugements dogmatiques et attention pastorale -, et dans quelle mesure les hommes et les femmes d’aujourd’hui, même quand ils se réclament de la foi chrétienne, prennent-ils en compte les positions des Eglises sur ces questions ? Telles étaient les questions qui guidaient le colloque qui s’est tenu les 22 et 23 mars derniers, organisé conjointement par le Groupe de recherche en Théologie pratique de la Faculté (avec Isabelle Grellier), et l’UMR Droit, Religion, Entreprise et Société de l’Université de Strasbourg et du CNRS (avec Anne-Laure Zwilling).

 

Il fallait commencer par analyser ces mutations, ce qu’a bien permis l’intervention magistrale de la sociologue Irène Théry, complétée par un regard du démographe Didier Breton, les réflexions d’un psychanalyste Raymond Heintz et une analyse originale de la presse du cœur de la revue Femina (menée par Richard Gossin). Un grand parcours historique (Jean-Claude Bologne) sur la place occupée par l’Église au long des siècles dans l’institution du mariage est venu compléter ce tableau.

Il fallait évaluer la façon dont sont entendues, ou pas, les positions des Eglises, ce qui a été fait à travers les résultats d’une petite enquête initiée pour ce colloque et analysée par Anne-Laure Zwilling, et à travers une analyse des liturgies de mariage (Joan Charras-Sancho). La pratique de l’Église catholique en Afrique face à la polygamie ou à l’homosexualité a pu être aussi interrogée (Séverin Voedzo et Jules Koulmann-Eboa).

Il s’agissait encore, bien sûr, d’analyser les textes produits par les Églises (Alain Roy pour l’Église catholique, Isabelle Grellier pour le protestantisme luthéro-réformé) pour voir sur quel registre (dogmatique, éthique, pastoral) elles se positionnent, et dans quelle mesure les approches théologiques classiques se laissent interroger par les évolutions sociales.

Et il nous avait paru important de faire place à des approches plus engagées : un travail biblique, mené par Christian Grappe, sur quelques textes des Évangiles qui parlent de mariage, d’adultère ou de répudiation ; une approche éthique sur la conversation qu’est la conjugalité, qui implique aussi bien la possibilité du divorce que la recherche de fidélité (Olivier Abel) ; une réflexion sur la spiritualité à l’œuvre dans un couple électif (Sylvie Barth) ; et un dialogue, au carrefour de l’herméneutique et de la pastorale (Ruth Wolff-Bonsirven et Julien-N. Petit)

Une intervention très documentée et structurée du sociologue des religions Philippe Portier a permis de clore en beauté ce travail. 

Une de nos hypothèses de départ était que les valeurs qui sous-tendent les nouvelles formes de conjugalité pourraient bien être en congruence avec le cœur de l’Évangile – en tout cas bien plus que ne le donne à penser le regard de jugement que certaines Eglises portent sur les évolutions actuelles ; que peut-être même, ces formes nouvelles de conjugalité pourraient aider les Églises à repenser le mariage et la conjugalité pour éviter la superposition souvent faite entre une compréhension chrétienne du mariage et une certaine vision du mariage bourgeois, fondé sur la complémentarité hiérarchique entre l’homme et la femme. Ces hypothèses restent à démontrer mieux, mais elles n’ont en tout cas pas été infirmées !

Un grand merci à tous ceux qui ont rendu ce colloque possible, l’EA 4378 d’abord, mais aussi l’UMR DRES et l’UEPAL.

Isabelle Grellier

Sacré cinéma!

 

SacrÉ CinÉma ! Religions, spiritualités et humanité

Inspiré par le thème « Le goût des autres » (référence au film d'Agnès Jaoui), l’événement d’un festival du « film religieux » a été créé à Strasbourg grâce à une initiative conjointe de René Letzgus, propriétaire des cinémas Vox de Strasbourg et Trèfle de Dorlisheim, et de Christian Greiner, pasteur à Saint-Thomas. Le comité de programmation composé de neuf personnes du Vox, d’Arte TV, du labo Lorelei, de l’UEPAL et de la Faculté de théologie protestante s’est réuni depuis décembre 2016 plusieurs fois pour préparer et inaugurer la première édition du festival en avril et octobre 2017. On a visionné et discuté plusieurs films et bandes annonces jusqu’à ce que finalement une sélection de films ait été retenu sur le sujet de l' « altérité » (pour l’édition d’avril) et de la « fraternité » (pour l’édition d’octobre).

Il s’agit de passer au public cinéphile un message moderne d'ouverture et d'humanité à propos des religions – ce qui est un besoin essentiel dans nos jours de violence, de radicalisme, de populisme. Les critères de sélection des films étaient très variés, ils comprenaient les aspects de l’humanité, du respect, de la dignité de la personne, de la valeur d'un être humain indépendamment de ses origines, son sexe, sa condition sociale et son passé personnel, et cela tout en tenant compte de différentes catégories de film (fiction, documentaire, jeune public) et de la pluralité des religions et des cultures. Comme sous-titre du programme a été choisi « Religions, spiritualités et humanité », le dernier terme laissant une ouverture à l'un ou l'autre film non religieux sur l'ensemble d'une session.

Le but prioritaire du comité était un désir de dialogue et d'animer après la projection de bons débats à destination du public par les réalisateurs ou par des spécialistes du sujet.

Voici les films projetés :

 « Sous peine d’innocence » (documentaire français, 2017), en présence du réalisateur Pierre Barnérias. Film sur un détenu cubain qui affirme depuis plus de 20 ans son innocence et sur un aumônier français et son équipe de la maison « Abraham » ; un plaidoyer pour la liberté, l’égalité, la fraternité, l’amour et l’espérance. Impressionnant.

 « Tant la vie demande à aimer » (documentaire strasbourgeois, 2016), en présence du réalisateur Damien Fritsch. Portrait de quatre enfants polyhandicapés et la qualité du lien des parents avec ces enfants si particuliers. Très enrichissant.

 « Jésus de Montréal » (de Denys Arcand, fiction québécoise, 1989). Film sur un théâtre chrétien dans une paroisse canadienne qui devient authentique par une sorte de nouvelle incarnation du Ressuscité. Échange avec Christian Greiner. Un classique.

 « Va, vis et deviens » (de Radu Mihaileanu, fiction franco-israélienne, 2005). Épopée de réfugié raconté du point de vue d’un « frontalier culturel » : né chrétien éthiopien, déclaré orphelin juif, adopté par une famille franco-israélienne laïque. Image émouvante d’étrangeté existentielle, de solitude, d’altérité. Magnifique. Échange avec Régine Hunziker-Rodewald.

 « Printemps, été, automne, hiver et…printemps » (de Kim Ki-Duk, fiction sud-coréenne, 2004). Un maître zen et son disciple vivent dans un temple bouddhiste posé au milieu d’un étang : œuvre envoûtant sur l’innocence, la vulnérabilité, l’attirance pour le mal, la brutalité du destin. Imposant. Échange avec Dominique Hogyo Blenig.

Nous avons goûté un cocktail d’empathie, d’humanité et de spiritualité dans une ambiance tout à fait exceptionnelle – un grand merci à l’équipe du Vox !

Régine Hunziker-Rodewald

Parole de Dieu, violence des hommes

Parole de Dieu, violence des hommes

Gustave Doré, Meurtre d'Abel

Un colloque fut organisé par la Fondation des Cèdres (Genève) et l’Église Protestante Française de Beyrouth, en partenariat avec l’American University of Beirut (AUB), l’École normale supérieure de Paris (ENS), l’École Supérieure des Affaires à Beyrouth (ESA), l’Institute of Citizenship and Diversity Management à Beyrouth (ICDM), l’Institut protestant de théologie (IPT) à Montpellier et Paris, l’Université catholique de Lyon (UCLY) et l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ).

Ce colloque, qui réunit à peu près 200 personnes, s’est tenu du 17 au 19 mai 2017 sur le campus de l’École Supérieure des Affaires (ESA Business School) à Beyrouth au Liban, dans un pays qui ne se reconstruit que lentement depuis la violente guerre civile (1975 et 1990) et qui reste jusqu’à aujourd’hui particulièrement vulnérable aux nombreuses crises qui agitent la région.

Le programme riche et très varié du colloque a été placé sous le symbole du dessin de Gustave Doré « Meurtre d'Abel » et l’argument en fut : Comment et pourquoi les acteurs politiques, sociaux et religieux utilisent-ils les éléments de langage issus des héritages chrétien et musulman pour produire, développer et diffuser différents types de discours de violence et provoquer, alimenter, justifier la guerre, la terreur, le despotisme, l’oppression juridique, l’emprise sur les mentalités ? Les séances des 32 intervenants de provenance chrétienne et musulmane (dont huit femmes), du Liban, de la Jordanie, de l’Égypte, de la France et de la Suisse, ont été inaugurées, le 17 mai, par la conférence d’Olivier Roy, professeur à l’Institut universitaire de Florence et auteur de nombreux ouvrages sur les rapports entre le politique et le religieux, et clôturées, le 21 mai, par un culte protestant au Collège Protestant Français, dirigé par le pasteur Pierre Lacoste.

Le projet des organisateurs et de leur comité scientifique, composé par des chercheurs de Montpellier, Paris, Lyon et Beyrouth, était d’ouvrir de nouvelles perspectives sur les relations tant discutées entre violence et discours religieux. Partir de « cas de discours » concrets (textes doctrinaux, discours politiques, prédications, harangues, slogans, mais aussi poésie, théâtre, roman, audio-visuel). Croiser les interprétations du christianisme et de l’islam, mêler les approches de disciplines des sciences humaines rarement convoquées sur ce thème (socio-politique, psychanalyse, médiologie). Mettre en discussion les spécialistes avec des praticiens d’ONG engagées dans la lutte contre cette forme de violence. Pour mieux la connaître, l’interpréter et la défaire, grâce à une réflexion objective et un débat rationnel… pacifiquement. Les intervenants dans les sessions intitulées « Études de cas de discours » du 18 mai présentèrent leurs analyses et interprétations méticuleuses de différents discours, en arabe, anglais et français, de traité, de fatwa, de lettre, de prédication, de livre, de vidéo-clip historiques et contemporains, du monde chrétien et musulman. Le 19 mai, des tables rondes thématiques furent consacrées à l’exégèse scripturaire (Ancien et Nouveau Testaments, Coran), aux réflexions dans le domaine des Sciences humaines (Psychanalyse, Médiologie, Socio-politique) et aux échanges avec les praticiens (Healing the Wounds of History, Coexister France, Fighters for Peace, Al-Mowafaqa, Quantum Foundation). Toutes les sessions étaient traduites simultanément en arabe, anglais et français.

Plusieurs voix, pensées et questions se sont inscrites dans ma mémoire : « La violence, c’est la religion qui se déconnecte de la socialisation » ; « La religion est une langue, la violence est une langue, la violence religieuse est une maladie » . Dans quelle mesure les textes peuvent amener de la violence par le biais des réseaux sociaux et cela en diffractant et diffusant des citations religieuses dépourvues de leur contexte historique et littéraire ? Le discours contrôlé par des élites appartient à l’âge pré-internet. Actuellement, nous vivons dans « l’âge du témoin » qui entraîne une explosion de sens défragmenté et médiatisé. Où sont les terrains neutres, les « corridors humanitaires » de lecture pour établir une nouvelle culture de discussion, de réflexion herméneutique, d’autocritique plutôt que de confrontation ?  « Religion est communication, elle communique la violence et elle régularise cette violence ». Il y a la nécessité de créer un nouveau discours religieux, entre autres sur facebook, un discours existentialiste produit par des expériences historiques et contemporaines.

Quelle impression reste après la table ronde de clôture, modérée par Olivier Roy ? Peut-on manifester plus que la volonté de cultiver une foi réquisitionnée au service de l’accueil, de l’écoute et du dialogue avec l’autre, quelles que soient son origine, sa condition et ses convictions ? Peut-on révéler plus qu’une éthique inspirée par les valeurs humanistes qui stimulent le dialogue spirituel et philosophique dans le domaine du religieux ? Il est prévu que d’autres colloques suivent cette première édition – un très grand merci aux organisateurs, pour leur effort de promouvoir le contact islamo-chrétien et leur hospitalité vraiment généreuse ! Toutes les sessions sont enregistrées et filmées à fin d’archivage, voir @CDCedres, http://www.colloquedescedres.org/fr_FR/.

Régine Hunziker-Rodewald